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Trace de caca sur le slip : causes et solutions

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, vous remarquez régulièrement des traces de selles dans le slip de votre enfant ? Il ou elle a 4, 5, 6 ans… parfois même plus ? A chaque fois, c’est pareil : vous pointez du doigt la tache, votre enfant fait mine de ne pas comprendre, ça vous agace ++ , et vous nettoyer tant bien que mal le caleçon. Cette situation peut soulever des questions chez vous : est-ce normal ? Est-ce intentionnel ? Est-ce un simple accident ou le signe d’un problème plus sérieux ?
Ces traces, ces tâches — parfois persistantes — peuvent être très gavantes je vous l’accorde. Et en tant que parent, il est tout à fait naturel de ressentir un mélange d’agacement, d’inquiétude, voire de culpabilité.
Je vous comprends totalement. Je suis moi-même passée par là… et par toutes les émotions possibles. Mon fils va bientôt avoir 7 ans, et ce soir encore, il est rentré de l’école avec une tâche bien visible dans son slip.
Ce n’est pas un sujet très glamour, on est d’accord. Mais surtout sachez que votre enfant est loin d’être un cas isolé.
Parler de caca, d’excréments ou de propreté reste encore très tabou… Pourtant, ces situations sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense mais elles ne sont pas à prendre à la légère. Ces traces peuvent parfois être le signe d’un trouble plus profond, appelé encoprésie (= incontinence fécale chez l’enfant).
Dans cet article, je vous propose :
- D’explorer les causes possibles des traces de selles (qu’elles soient physiologiques, émotionnelles ou liées à un comportement)
- De voir comment accompagner votre enfant sans le culpabiliser (car — spoiler alert — non, il ou elle ne le fait pas exprès)
- Et enfin, de partager avec vous des astuces simples pour nettoyer le linge, retirer les taches tenaces et autres joyeusetés.
L’article, en bref
1. Les causes possibles des traces de selles dans les sous-vêtements
Quand vous questionnez votre enfant, je suis prête à parier qu’il vous répond la plupart du temps qu’il n’a rien senti, qu’il n’a pas eu le temps d’aller aux toilettes, ou voire il fait mine de ne pas comprendre et ça vous rend chèvre ! Oui, clairement, c’est déroutant et terriblement agaçant.
Quelles sont les causes possibles de ces accidents et de ces traces de selles dans le slip ? Explorons-les ensemble.
Constipation : le lien entre rétention des selles et fuites accidentelles
L’une des causes les plus fréquentes des traces de selles dans les sous-vêtements est la constipation. Pourtant, elle passe parfois complètement inaperçue, notamment lorsqu’elle est dite « rétentionnelle ». Certains professionnels de santé rassurent en affirmant qu’un enfant peut rester plus de 7 jours sans aller à la selle. Alors oui, c’est possible… mais non, ce n’est pas normal ni sans conséquences.
Quand un enfant retient ses selles — de façon volontaire ou non (nous y reviendrons) — celles-ci s’accumulent dans le rectum. Elles deviennent de plus en plus dures, et le rectum se dilate progressivement. Cette dilatation perturbe le signal naturel d’envie d’aller à la selle : l’enfant peut alors ne plus ressentir le besoin de faire caca, ou beaucoup moins qu’avant.
Résultat : cette accumulation crée une pression constante qui peut entraîner des petites fuites involontaires de selles plus molles autour du « bouchon » de selles dures. Je vous invite à visionner avec votre enfant cette vidéo de Firmin L’intestin. Ce sont souvent elles qui laissent des traces dans les sous-vêtements.
Mais rassurez-vous : parfois, ces traces sont tout simplement dues à un mauvais essuyage, à une selle mal terminée ou à un petit oubli passager. Mais si cela devient fréquent, si votre enfant vous dit ne rien sentir ou semble totalement indifférent à ces incidents… alors il est possible qu’on soit face à une constipation plus profonde, appelée encoprésie. Ce mot peut faire peur, mais il décrit une situation plus courante qu’on ne le pense – et surtout, il existe des solutions.
Rétention volontaire : pourquoi certains enfants retiennent leurs selles ?
Alors certains d’entre vous vont peut-être me dire :
« OK, je comprends la mécanique… mais je vois très clairement mon enfant se retenir d’aller aux toilettes. Mais pourquoi ?! »
Votre enfant se cache dans un coin pour faire ? Il refuse catégoriquement d’aller aux WC ou sur le pot ? Vous avez tout essayé mais il semble avoir peur, ou cela ne l’intéresse absolument pas ?
Je conçois que cela puisse vous sembler totalement illogique et franchement frustrant en tant que parent. Ajoutez à cela une pincée de pression sociale… et voilà un parent au bord de l’explosion.
Alors voyons ensemble quelques pistes de compréhension.
Pourquoi ? Parce qu’à ses yeux, aller à la selle peut être une expérience désagréable, voire angoissante.
Cela peut venir :
- d’un souvenir douloureux (après une selle dure, un petit saignement ou une fissure anale — même si cela date pour vous, son corps, lui, s’en souvient),
- de toilettes perçues comme peu accueillantes (notamment à l’école),
- ou qui manquent d’intimité (souvent en maternelle les WC sont sans porte ou très ouverts). Un très grand nombre d’enfants sont totalement bloqués par ce manque d’intimité… et les conséquences peuvent être lourdes, au quotidien comme sur le long terme.
- d’une association négative à la propreté (« faire caca, c’est sale », « je vais me faire gronder », « ça sent mauvais, c’est gênant », etc.),
- ou tout simplement d’un moment mal choisi (« je ne veux pas rater la récréation », « je suis en train de bien m’amuser », etc.).
- À force de retenir, le corps s’adapte : le besoin devient moins pressant, les selles s’accumulent et durcissent… et un cercle vicieux s’installe.
👉 Si vous observez que votre enfant repousse systématiquement le moment d’aller aux toilettes, se tortille, change de sujet ou se cache à certains moments, il est possible qu’il cherche à éviter quelque chose qui le dérange. Ce n’est ni de la paresse, ni un caprice (je vous assure) : c’est souvent un signal fort qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il est donc essentiel de faire preuve d’écoute et de patience, sans jugement, pour comprendre ce qui le bloque.
Pour la petite histoire, mon cadet a traversé cette période. Avec un aîné souffrant d’encoprésie, j’avais très peur que mon cadet suive le même chemin. Je savais ce qui bloquait mon petit, mais de l’extérieur, beaucoup me disaient : « Tu es sûre que ce n’est pas comme ton ainé ? ». Mais le gros avantage, c’est que j’étais mieux armée cette fois, je savais ce qu’on pouvait faire pour l’aider. À 2,5 ans, mon cadet était propre, mais à ses 3 ans, suite à son anniversaire, l’accumulation de sucre l’a complètement bloqué, et il a eu très très mal en allant aux toilettes. Ce qui a déclenché une véritable peur chez lui : il se retenait pour ne pas y aller, pleurer… et ainsi a commencé la spirale infernale. Nous avons donc fait très attention à son alimentation, en réduisant au maximum le sucre, en privilégiant les fibres et en augmentant sa consommation d’eau, tout en lui donnant de l’Optifibre pendant plusieurs mois. Sans ces nouvelles habitudes, il est fort probable qu’il aurait développé un trouble de l’encoprésie à son tour.
Ce qui est important à retenir ici, c’est que tout signe de peur ou d’angoisse chez un enfant doit être pris au sérieux. Au-delà de mots rassurants, vous devez mettre en place une alimentation équilibrée et riches en fibre. Cela peut avoir un impact majeur sur le bien-être de l’enfant et la gestion de ses besoins.
Comprendre les blocages émotionnels
Certains enfants ressentent une véritable anxiété liée au moment d’aller aux toilettes, qui peut se manifester de façon très différente :
- refus catégorique d’y aller, même en cas d’envie avérée,
- tensions physiques (mains crispées, jambes croisées, visage fermé),
- crises de colère ou de panique à l’approche des WC,
- évitement (l’enfant se retient longtemps, retarde le moment, change de sujet quand on en parle),
- comportements de régression (retour à des attitudes plus « bébé », recherche excessive de câlins ou de contrôle parental).
Derrière ces réactions, on peut retrouver des peurs profondes :
- peur de la séparation (parfois associée à l’entrée en maternelle ou à l’arrivée d’un petit frère/sœur),
- peur de la douleur (après une selle difficile ou douloureuse, l’enfant associe l’acte à une souffrance),
- peur de l’inconnu ou du changement (toilettes d’école, bruit de la chasse d’eau, odeurs, etc.),
- ou encore un besoin de garder le contrôle sur son corps dans une période où tout semble lui échapper.
Ces mécanismes sont souvent inconscients, mais ils peuvent profondément perturber l’enfant et créer une boucle de retenue–constipation–douleur–rejet.
En tant que parent, poser un regard bienveillant, sécurisant et sans jugement sur ces blocages invisibles est une première étape essentielle pour débloquer la situation.
Troubles digestifs ou intolérances alimentaires
Certains enfants peuvent présenter des troubles digestifs spécifiques, parfois difficiles à détecter. Parmi eux :
- Une intolérance au lactose,
- Une hypersensibilité au gluten,
- Ou encore un microbiote intestinal déséquilibré.
Ces troubles peuvent provoquer des selles molles, fréquentes ou des fuites incontrôlées. Si votre enfant se plaint fréquemment de maux de ventre, d’un ventre ballonné ou alterne entre constipation et diarrhée, il peut être judicieux d’en parler à un professionnel de santé. Un simple ajustement alimentaire peut parfois tout changer.
Les blocages invisibles
Il est parfois difficile d’identifier l’origine de la peur des toilettes. En tant que mère, pendant longtemps pour mon fils ainé, je me demandais si on avait loupé quelque chose dans l’apprentissage de la propreté. On n’a jamais identifié pour mon fils l’élément déclencheur mais j’ai des hypothèses : l’arrivée d’un petit frère, la rentrée à l’école… C’était beaucoup de chamboulement pour un enfant hyper-sensible comme lui.
Certaines raisons ne sont dont pas physiques ni tangibles, alors en tant que bon parent, on va essayer de comprendre. Je pense que c’est bien et humain de chercher la cause mais ce n’est pas non plus à mon sens grave si on ne la trouve pas. Ce qui est primordial par contre c’est de mettre en place des actions pour aider notre enfant (cela peut passer par l’alimentation, réduire les sucres, favoriser l’activité physique, inciter à boire un max EAU…).
L’essentiel n’est pas forcément de trouver une réponse immédiate, mais de comprendre que ces peurs peuvent être bien réelles pour l’enfant et qu’il faut lui offrir un cadre sécurisant.
2. Comment accompagner mon enfant au quotidien ?
Je sais Ô combien il peut être frustrant de tomber régulièrement sur une culotte ou un caleçon avec une trace de caca. On peut se sentir aussi démuni. Mais sachez que ce n’est pas une fatalité. Voici des conseils pour accompagner votre enfant vers un mieux-être.
Créer une routine et des repères clairs
Les enfants qui sont en phase d’acquisition de la propreté, ou qui ont des difficultés à sentir le besoin d’aller à la selle, ont besoin de repères clairs et réguliers. Je vous conseille de prendre un moment, en dehors du tunnel du soir, pour échanger avec votre enfant sur le meilleur moment pour aller faire, ce que nous appelons chez nous, un « essai caca ». Par exemple, avec mon fils, nous avons convenu que chaque soir avant ou après le repas, il doit se poser un temps aux WC. Au début, il prenait un sablier car il avait tendance à me dire au bout de 10 secondes « Je sens rieeeen ! » et hop de repartir jouer.
Essayez d’identifier un temps calme, sans pression, ou il pourra prendre le temps d’aller aux WC.
Vous pouvez instaurer un calendrier mensuel, afin qu’il note chacun de ses passages. Il pourra aussi dessiner un joli petit caca ou coller une gommette les jours où il a fait. Ce rituel visuel permettra d’impliquer votre enfant, tout en vous aidant, vous, à alléger votre charge mentale. Plus besoin de vous demander chaque jour : « Est-ce qu’il a essayé aujourd’hui ? Depuis combien de temps il n’a pas fait ? »
Simplifier le proccess, partager la charge mentale, impliquer votre enfant. C’est son corps, même si vous êtes là bien sûr pour l’accompagner.
Adapter l’alimentation pour limiter les accidents
Comme nous l’avons vu plus haut, la constipation — visible ou invisible — est souvent la principale cause des traces de caca dans le slip. La bonne nouvelle, c’est qu’un ajustement alimentaire peut parfois faire une vraie différence, sans pour autant bouleverser tout votre quotidien.
Voici quelques habitudes simples et efficaces à mettre en place pour favoriser un bon transit :
- Privilégier les aliments riches en fibres : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes…
- Bien s’hydrater tout au long de la journée (l’eau est votre meilleure alliée),
- Limiter les sucres raffinés présents, dans les biscuits industriels et bonbons notamment
💡Astuce : Proposer une gourde d’eau à votre enfant qu’il peut garder à portée de main, et l’inciter à boire régulièrement tout au long de la journée.
💡 En complément, vous pouvez associer l’Optifibre, une solution 100 % d’origine végétale, facile à intégrer au quotidien (dans un yaourt ou une compote par exemple, ou simplement dans un verre d’eau). Ce complément aidera à ramollir les selles de votre enfant et pourra le rassurer s’il a peur d’avoir mal.
Parfois, un petit réajustement suffit pour limiter les accidents… et améliorer aussi le confort de votre enfant.
Favoriser une posture adaptée aux toilettes
Un aspect souvent négligé, mais essentiel, est la posture aux toilettes. Une position correcte permet à votre enfant de se sentir stable et d’évacuer plus facilement. Si ses pieds ne touchent pas bien le sol ou s’il se sent mal installé, il peut avoir du mal à évacuer complètement, ce qui peut entraîner des traces de selles dans sa culotte.
💡 Astuce : Utiliser un marchepied pour caler ses pieds et favoriser une position accroupie, qui est la plus naturelle pour évacuer. Ce petit ajustement peut vraiment améliorer le confort et l’efficacité de ses passages aux toilettes.
3. Et au quotidien… comment laver les traces de selles dans les slips ?
« Oh m***, un accident ! » Vous découvrez avec joie les traces de caca dans la culotte ou le boxer de votre enfant. Certes, ce n’est pas glamour, mais ça fait partie des joyeusetés de la vie de parent. Ce n’est pas bien compliqué, mais ça peut être fatigant, lassant, et clairement… décourageant. Et si, en plus, certains accidents vous obligent à jeter régulièrement des sous-vêtements, cela peut aussi devenir un souci économique.
À une période, entre 3 et 6 ans, mon fils a eu des boxers souillés entre 2 à 10 fois par jour, à son apogée. Outre le lavage, les odeurs, la honte (selon où on se trouvait), je ne savais pas du tout comment faire partir les taches et l’odeur — qui, en plus, se diffusait parfois sur tout le reste du linge une fois en machine. J’avais beau rincer à l’eau en amont, l’odeur et la couleur restaient…
Mais je manquais aussi cruellement de temps et de cerveau disponible pour trouver des astuces de nettoyage. Alors si vous êtes dans ce cas aujourd’hui, je vous condense ici les meilleures astuces.
Deux savons phares
En interrogeant +100 parents concernés, deux produits se démarquent nettement pour nettoyer efficacement les traces de selles :
- Le savon de Marseille : naturel, économique, efficace, il reste un grand classique. Idéal pour les petits accidents peu incrustés.
- Le détachant au fiel de bœuf : moins connu, mais redoutablement efficace contre les taches organiques (sang, transpiration… et selles). Le « fiel » est un extrait de bile de bœuf aux propriétés détachantes. Glamour quand tu nous tiens. Il existe sous forme solide ou liquide, souvent vendu en droguerie ou en magasin bio.
Ma méthode simple de prélavage
Voici une routine qui peut vous faire gagner du temps (et sauver quelques sous-vêtements) :
- Rincer à l’eau froide dès que possible (pas d’eau chaude, elle fixe les taches).
- Frotter au savon (de Marseille ou au fiel de bœuf, selon votre préférence) directement sur la tache, et laisser agir environ 30 minutes.
- Laisser tremper dans une bassine d’eau froide si besoin (pas plus de quelques heures).
- Passer en machine ensuite à 40 °C.
🧼 Astuce : gardez un petit savon à proximité de la baignoire ou de la machine à laver, pour ne pas avoir à le chercher à chaque fois.
Faire équipe avec votre enfant (sans le culpabiliser)
Certains adultes ou professionnels peuvent conseiller de laisser l’enfant laver lui-même ses sous-vêtements pour « prendre conscience » du problème. J’ai deux fils, et je vous assure que je veille à leur transmettre la notion de collaboration et d’entraide au sein du foyer : ils participent depuis toujours aux tâches ménagères.
MAIS leur imposer de nettoyer seuls leur caleçon souillé… là, j’ai un gros doute. Je crains que cela réveille plutôt un sentiment de honte, voire de détresse, chez l’enfant.
J’ai tenté une fois, sur conseil d’un psy (qui n’y connaissait absolument rien à l’incontinence fécale chez l’enfant), de demander à mon fils de laver son caleçon après un accident. J’ai vu dans ses yeux une tristesse profonde. Ce jour-là, j’ai compris qu’il avait besoin d’aide, pas d’être mis face à sa “faute”.
À la maison, on a trouvé un terrain d’entente : il mettait son caleçon souillé dans la baignoire et versait un peu d’eau froide dessus. Je m’occupais du reste. Il n’était pas exclu du processus, mais il ne vivait pas non plus cela comme une punition.
Vous pouvez adapter son implication en fonction de son âge : rincer, frotter un peu avec le savon magique, mettre en machine… Mais toujours dans une logique de coopération familiale. C’est une occasion de lui apprendre à prendre soin de lui, de ses affaires — pas de le blâmer pour un symptôme qu’il ne contrôle pas encore.
4. Quand faut-il s’inquiéter ?
Il est tout à fait normal qu’un enfant ait, de temps à autre, un « accident » ou des traces de selles dans le slip, même après avoir acquis la propreté. Cela peut survenir lors de périodes de fatigue, de transition ou de stress (rentrée scolaire, déménagement, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur…).
Mais lorsque ces accidents deviennent fréquents ou s’accompagnent d’autres signes physiques ou émotionnels, ils peuvent révéler un trouble plus profond qu’un simple oubli. Dans ce cas, il est essentiel de savoir identifier les signaux d’alerte et de ne pas hésiter à consulter.
Les signes à surveiller
Certains signes méritent une attention particulière :
- Des accidents très fréquents, au-delà de 4 ou 5 ans → Cela dépasse le cadre d’un oubli occasionnel. Il peut s’agir d’un symptôme persistant à ne pas minimiser.
- Un refus ou un évitement systématique d’aller aux toilettes → L’enfant peut ressentir de la peur, de la douleur, ou de l’angoisse à l’idée d’aller à la selle, ce qui favorise la rétention.
- Un ventre dur, ballonné, ou des douleurs abdominales régulières → Ces symptômes sont typiques d’une constipation sévère, parfois chronique.
- Des régressions dans l’apprentissage de la propreté → L’enfant recommence à avoir des accidents alors qu’il était propre depuis plusieurs mois.
- Un repli sur soi, une gêne ou un mal-être visible → L’enfant peut se sentir honteux, anxieux, ou éviter certaines activités sociales (comme les sorties scolaires, les invitations, etc.).
👉 Si vous observez au moins deux de ces signaux, il est probable que votre enfant souffre d’une constipation sévère, et peut-être déjà d’encoprésie.
Dans ce cas, il est essentiel d’agir rapidement, car plus la prise en charge tarde, plus le trouble peut s’aggraver et devenir long à traiter.
Je vous invite à consulter mon article dédié au trouble de l’encoprésie, qui explique en détail ce que c’est, le processus et les solutions.
Et surtout, en cas de doute, consultez un professionnel de santé. Il existe aujourd’hui des solutions efficaces, notamment la méthode M.O.P, qui ont permis à de nombreuses familles de retrouver un quotidien plus serein. Vous n’êtes pas seul·e.
Observer à la maison grâce à un journal d’observation
Avant même de consulter, je vous encourage vivement à observer certains éléments du quotidien de votre enfant. Cela permet souvent de mieux comprendre ce qui se passe… et de gagner un temps précieux lors de la prise en charge.
Le journal d’observation : c’est quelque chose que je recommande très souvent. Un simple carnet, une note sur votre téléphone ou un tableau imprimé : choisissez le support qui vous convient le mieux, tant que c’est facile à remplir pour vous, au quotidien.
Chaque jour, vous pouvez y noter :
- Les moments où votre enfant va à la selle
- Le nombre d’accidents, en précisant s’il s’agit d’une simple trace ou de selles plus importantes
- Le contexte de l’accident : à la maison, à l’école, après un repas, après une contrariété…
- Ce qu’il a mangé dans la journée (Par exemple, chez moi, j’ai remarqué que dès que mes enfants mangent des kiwis, leur transit devient hyper rapide. Du coup, on évite d’en donner juste avant l’école.)
- Son humeur et son comportement
💡 Ce genre de suivi, même sur une ou deux semaines, est très utile lors d’une consultation. Il permet au médecin d’avoir une vision plus claire et concrète de la situation, plutôt qu’un récit vague ou dispersé. Et parfois, ce sont justement ces petits détails qui permettent de mieux cerner l’origine du problème.
À qui s’adresser ?
Avant toute chose, permettez-moi de vous rappeler quelque chose d’essentiel : vous êtes le parent, et vous connaissez votre enfant mieux que personne. Vous vivez avec lui, vous observez les petits signes, vous ressentez quand quelque chose ne va pas. Faites confiance à votre intuition.
Pourquoi je vous dis ça ? Parce que j’ai vu trop de parents démunis, dont les alertes ont été minimisées par des professionnels de santé. On leur a répondu :
“Il faut juste être patient.” “C’est normal à son âge.” “Ça va passer tout seul…”
Pendant ce temps, l’encoprésie (souvent le résultat d’une constipation sévère non traitée) s’installait lentement.
En fonction de la gravité et de la durée des symptômes, voici les différents professionnels vers lesquels vous pouvez vous tourner :
- Le pédiatre (à privilégier par rapport à un médecin généraliste) : C’est généralement la première étape. Il ou elle pourra évaluer l’état de santé global de votre enfant, poser un premier diagnostic et prescrire un traitement si nécessaire.
- Le gastro-entérologue pédiatrique : Si les symptômes persistent ou s’aggravent, ce spécialiste pourra réaliser des examens plus approfondis (échographie, radiographie abdominale, etc.) pour mieux comprendre la situation.
- Un psychologue pour enfant : Si votre enfant vit mal cette situation, ou si vous constatez qu’il ou elle se replie sur lui-même, un accompagnement psychologique pourrait être nécessaire en complément du suivi médical. Au sein des PMI, vous pouvez demander RDV avec la/le psychologue. Les consultations sont gratuites.
Plusieurs parents rapportent dans les groupes de discussions qu’un grand nombre de médecins généralistes ou même des pédiatres sous-estiment les signes de leur enfant, les qualifiant de « constipation passagère ». Dans ces cas, le traitement se limite souvent à la prescription de laxatifs léger comme le Forlax® ou le Macrogol, parfois accompagné d’un suivi psychologique. Mais si l’encoprésie est déjà présente, ces mesures peuvent s’avérer insuffisantes. Une constipation sévère non traitée peut évoluer en un trouble chronique, nécessitant plusieurs mois, voire des années de rééducation et d’accompagnement.
L’importance d’une prise en charge précoce
Plus la problématique est identifiée tôt, plus la prise en charge sera rapide et efficace. En cas d’encoprésie, l’objectif n’est pas uniquement de « régler » la question des selles, mais de comprendre ce qui se joue dans le corps, les émotions et le quotidien de l’enfant.
👉 Faites-vous confiance : si vous sentez que quelque chose ne va pas, vous avez le droit de consulter, de poser des questions, et même de demander un deuxième avis. Vous êtes la personne qui connaît le mieux votre enfant.
Questions fréquentes
Dans la majorité des cas, cela n’est pas volontaire. Ces traces peuvent être dues à une constipation chronique, à une rétention des selles ou à un blocage émotionnel. Lorsque les selles s’accumulent, des petites fuites involontaires peuvent survenir. Ce n’est ni un caprice, ni un signe de paresse.
Les pertes de selles peuvent avoir plusieurs causes : une constipation sévère (souvent silencieuse), une peur d’aller aux toilettes, un environnement inadapté (comme des WC sans intimité), une alimentation pauvre en fibres, ou encore des troubles digestifs comme des intolérances alimentaires. Elles traduisent un déséquilibre du transit, pas un manque d’hygiène.
Si votre enfant a plus de 4 ans, qu’il présente des accidents réguliers, dit ne rien sentir, ou évite systématiquement d’aller aux toilettes, il est possible qu’il souffre d’encoprésie. Des douleurs abdominales, un ventre ballonné ou une régression de la propreté peuvent aussi être des signes. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.
Rincez les vêtements à l’eau froide dès que possible (évitez l’eau chaude, qui fixe les taches), frottez avec du savon de Marseille ou du savon au fiel de bœuf, laissez agir environ 30 minutes, puis passez en machine à 40 °C. Un petit prélavage manuel peut sauver bien des culottes… et éviter de devoir jeter le linge.
Le savon au fiel de bœuf est un détachant naturel, très efficace contre les taches organiques (sang, sueur, selles…). Il contient un extrait de bile de bœuf aux propriétés nettoyantes puissantes. Il existe en version solide ou liquide, souvent vendu en droguerie ou en magasin bio.












